Suivre ses séances permet de savoir ce que l’on a réellement fait et de comparer ses performances dans le temps. Il n’est pourtant pas nécessaire de transformer chaque entraînement en séance de saisie de données.
Pour la plupart des séances de musculation, quelques informations suffisent déjà : l’exercice, la charge, les répétitions, les séries et, lorsque c’est pertinent, une estimation de l’effort comme le RIR ou le RPE.
Le meilleur système de suivi n’est donc pas celui qui enregistre le plus de données. C’est celui qui conserve les informations utiles avec suffisamment peu de friction pour être utilisé durablement.
Pourquoi suivre ses séances ?
La mémoire est mauvaise pour comparer précisément deux entraînements espacés de plusieurs semaines.
On peut avoir l’impression de progresser parce qu’une séance s’est bien passée, ou au contraire de stagner après une mauvaise journée, sans savoir réellement ce qui a changé.
Un historique d’entraînement permet de répondre à des questions beaucoup plus concrètes :
Est-ce que j’utilise plus de charge qu’il y a un mois ? Est-ce que je réalise davantage de répétitions ? Est-ce que la même performance me demande moins d’effort ? Est-ce qu’une baisse de performance apparaît sur plusieurs séances ou seulement aujourd’hui ?
C’est cette comparaison dans le temps qui donne sa valeur au suivi.
Que faut-il réellement noter ?
Prenons une série classique :
Cette ligne contient déjà quatre informations particulièrement utiles : l’exercice, la charge, le nombre de répétitions et une estimation de la proximité de l’échec.
Il n’est pas nécessaire de suivre systématiquement toutes les variables possibles.
Le temps de repos exact, le tempo, la durée de chaque série, les sensations, le sommeil ou le stress peuvent être utiles dans certaines situations. Mais chaque donnée supplémentaire demande également du temps et de l’attention.
Une donnée n’a d’intérêt que si elle peut réellement aider à comprendre ou à orienter l’entraînement.
Mieux vaut donc quelques informations enregistrées régulièrement qu’un système extrêmement complet abandonné après trois semaines.
Le problème des applications de suivi traditionnelles
Le principe est généralement simple.
On sélectionne l’exercice. On choisit la série. On saisit la charge. On saisit le nombre de répétitions. On ajoute éventuellement le RPE ou le RIR. Puis on valide.
Une fois, cela prend quelques secondes.
Répété sur vingt ou trente séries, cela devient une vraie interaction avec le téléphone pendant la séance.
Ce n’est pas dramatique. Mais c’est une friction.
Et chaque friction supplémentaire augmente la probabilité de finir par moins bien suivre ses séances, les noter après coup ou simplement arrêter complètement.
Le suivi ne devrait pas interrompre l’entraînement
Il existe une différence importante entre les informations dont on a besoin et la manière de les enregistrer.
La série :
80 kg × 8 — RIR 2
peut être saisie dans plusieurs champs.
Elle peut aussi simplement être dite :
« Développé couché, 80 kilos, 8 répétitions, RIR 2. »
Pour un humain, les deux contiennent exactement la même information.
L’intérêt du suivi vocal apparaît lorsque cette phrase n’est pas simplement conservée comme une note audio, mais transformée automatiquement en données structurées que l’utilisateur peut vérifier.
La voix devient alors une méthode de saisie, pas une donnée supplémentaire à traiter plus tard.
La voix n’est pas toujours l’entrée la plus logique. Si l’entraînement existe déjà sur un programme, une capture d’écran ou une feuille, le recopier manuellement crée la même friction. Dans ce cas, l’image peut devenir directement l’entrée.
Pendant la séance
Dictez ce que vous venez de faire.
Entraînement déjà écrit
Importez une photo.
↓ Séance structurée
« Développé couché, 80 kilos, 8 répétitions, RIR 2. »
Données structurées
Toutes les séances ne se suivent pas de la même manière
Une séance de musculation classique se décrit facilement avec des exercices, des séries, des répétitions et des charges.
Mais ce modèle fonctionne beaucoup moins bien dès que l’entraînement change.
Prenons un HYROX, un circuit ou une séance hybride comportant de la course et du renforcement.
Les informations pertinentes peuvent alors devenir la distance, la durée, les temps par station, les rounds réalisés ou encore la structure de l’entraînement.
Un bon système de suivi ne devrait donc pas obliger tous les entraînements à entrer dans le même tableau.
Les données suivies doivent dépendre de ce que l’on cherche à comprendre.
Un carnet d’entraînement ne sert pas seulement à stocker des chiffres
Supposons que l’on observe trois séances successives de développé couché.
| Séance | Charge | Répétitions | RIR moyen estimé |
|---|---|---|---|
| Séance 1 | 80 kg | 8 / 8 / 8 | ~3 |
| Séance 2 | 80 kg | 8 / 8 / 8 | ~2 |
| Séance 3 | 80 kg | 8 / 8 / 7 | ~1–2 |
Regarder uniquement la dernière séance donne une information assez pauvre :
80 kg — 8 / 8 / 7.
Regarder les trois séances fait apparaître quelque chose de plus intéressant.
La charge est identique. Les performances sont presque identiques. Pourtant, l’effort nécessaire augmente progressivement avant qu’une répétition soit perdue.
Cela ne suffit pas à conclure qu’un plateau ou une fatigue importante est installé.
Mais cela crée un signal à surveiller.
Et c’est précisément là que l’historique commence à avoir plus de valeur qu’une simple liste de séries.
Même performance ne veut pas toujours dire même progression
Prenons maintenant deux séries :
Séance A : 80 kg × 8 — RIR 1
Séance B : 80 kg × 8 — RIR 3
La charge est identique.
Le nombre de répétitions est identique.
Pourtant, la seconde performance a été réalisée avec davantage de marge.
Une performance identique obtenue avec davantage de répétitions en réserve peut donc être compatible avec une amélioration, même si la charge et le nombre de répétitions n’ont pas changé.2
Le RIR reste une estimation subjective : cette interprétation suppose une estimation suffisamment cohérente et ne se généralise pas automatiquement à tous les exercices ou pratiquants.1
C’est l’une des raisons pour lesquelles conserver le contexte de l’entraînement peut être aussi important que conserver ses chiffres bruts.
Le meilleur suivi est celui qui permet de prendre de meilleures décisions
Un historique utile devrait permettre de distinguer trois choses :
ce qui s’est passé aujourd’hui, ce qui évolue depuis plusieurs séances et ce qui pourrait mériter d’être adapté ensuite.
Une statistique isolée peut être exacte sans être particulièrement utile.
Par exemple :
Tonnage total : 1 840 kg
décrit correctement trois séries de 80 kg réalisées en 8, 8 puis 7 répétitions.
Mais ce chiffre ne dit pas si l’utilisateur réalisait auparavant la même chose avec trois répétitions en réserve ou s’il atteint désormais presque l’échec.
La donnée décrit la séance.
Le contexte aide à l’interpréter.
C’est aussi le principe de l’analyse des entraînements proposée par Grunty.
C’est l’idée derrière Grunty
Grunty a été conçu autour de cette logique.
Vous racontez naturellement ce que vous venez de faire ou importez une image contenant votre entraînement. Grunty transforme ces informations en séance structurée, conserve les données utiles puis peut replacer l’entraînement dans son contexte.
L’objectif n’est pas de mesurer davantage.
C’est de réduire l’effort nécessaire pour enregistrer ce qui compte, afin que les données puissent ensuite réellement servir.
Sources scientifiques
Quelques publications utilisées pour étayer les éléments scientifiques abordés dans cet article.
- 1. Lovegrove S et al. — 2022
Repetitions in Reserve Is a Reliable Tool for Prescribing Resistance Training Load.
Journal of Strength and Conditioning Research.
Voir sur PubMed ↗ - 2. Refalo MC et al. — 2024
Accuracy of Intraset Repetitions-in-Reserve Predictions During the Bench Press Exercise in Resistance-Trained Male and Female Subjects.
Journal of Strength and Conditioning Research.
Voir sur PubMed ↗
Moins de saisie. Plus d’entraînement.
À la voix ou depuis une photo, Grunty transforme votre entraînement en données structurées pour que vous puissiez réellement les exploiter.