Une séance d’haltérophilie ne se résume pas à noter « arraché : 70 kg ». Entre les séries techniques, les variantes, les complexes, les tirages et les squats, il est facile de perdre le fil de ce qui a réellement été fait.
Grunty permet d’enregistrer les exercices, les séries, les répétitions, la charge et l’effort perçu, à la voix ou par écrit. Il peut aussi structurer des complexes de plusieurs mouvements : l’objectif est de conserver une séance exploitable dans l’historique.
Voici comment organiser un carnet d’haltérophilie fidèle à la pratique, sans transformer la technique ou les sensations en statistiques trompeuses.
Quels mouvements faut-il suivre en haltérophilie ?
En compétition, la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF) reconnaît deux mouvements : l’arraché (snatch) et l’épaulé-jeté (clean & jerk). Le total de compétition additionne le meilleur essai réussi de chaque mouvement 1.
À l’entraînement, le travail est beaucoup plus varié. On rencontre notamment des départs suspendus, des réceptions hautes, des tirages et des exercices de force complémentaires. Certains de ces dérivés ont des exigences mécaniques et des effets sur la fatigue qui diffèrent des mouvements complets 2.
| Famille | Exemples à distinguer dans son carnet |
|---|---|
| Arraché | Arraché (snatch), hang snatch, dead hang snatch, power snatch |
| Épaulé et jeté | Épaulé (clean), épaulé-jeté (clean & jerk), jeté fendu (split jerk) |
| Tirages et renforcement | Tirage haut (high pull), snatch pull, front squat, overhead squat, back squat |
| Travail complémentaire | Sauts, gainage et autres exercices de la séance, enregistrés séparément si nécessaire |
La distinction entre épaulé seul et épaulé-jeté compte : ce ne sont pas des performances interchangeables. Les variantes doivent également rester identifiables, plutôt que d’être additionnées indistinctement sous le nom « snatch ».
Séries, répétitions et charges : garder la vraie structure
Sur un mouvement explosif, un simple tonnage total ne suffit pas à expliquer la séance. Il est utile de retrouver la variante exacte, la charge réellement utilisée et le nombre de répétitions ou d’essais.
Exemple d’une progression de séance à l’arraché :
| Exercice | Séries / répétitions | Charge |
|---|---|---|
| Arraché technique | 3 × 3 | 40 kg |
| Hang snatch | 3 × 2 | 50 kg |
| Arraché complet | 5 × 1 | 60 à 70 kg |
Cet exemple est illustratif. Il montre pourquoi conserver chaque bloc est plus informatif qu’un seul chiffre de charge maximale.
Grunty accepte une description en langage naturel : « Trois séries de trois arrachés à 40 kilos, puis trois séries de deux hang snatch à 50 kilos ». Les valeurs reconnues restent à relire et à ajuster avant validation.
Enregistrer un complexe d’haltérophilie sans perdre ses mouvements
Un complexe enchaîne plusieurs gestes au cours d’un même passage avec la barre. Il peut associer mouvements techniques et force, sans être nécessairement un circuit chronométré.
Exemple : 5 complexes à 60 kg : 1 épaulé + 2 front squats + 1 jeté fendu.
- Un passage contient les trois mouvements dans cet ordre.
- La charge de 60 kg s’applique au complexe décrit.
- Le nombre de passages (5) doit rester distinct du nombre de répétitions par mouvement (1 / 2 / 1).
C’est précisément un cas pris en charge par les règles de normalisation de Grunty : l’application peut reconstituer un bloc complexe, conserver les mouvements et éviter qu’un « clean » dicté seul soit confondu avec un « clean & jerk ».
Un complexe n’est pas un exercice générique : son intérêt dans l’historique dépend des mouvements qu’il contient.
On peut également noter un complexe plus libre, par exemple « quatre complexes à 50 kg : un dead hang snatch, un snatch et deux high pulls ». Avant de sauvegarder, vérifiez les noms, les répétitions et les charges de chaque composant.

Circuits et séances mixtes : tout enregistrer dans une même séance
Une séance d’haltérophilie peut commencer par de la mobilité, se poursuivre par des arrachés, puis finir par des front squats ou un circuit d’assistance.
Grunty distingue les séries classiques et les groupes d’exercices : complexes, circuits à tours fixes et, pour les séances mixtes, formats chronométrés tels que l’EMOM ou l’AMRAP lorsqu’ils sont réellement décrits.
Exemple : « Après mes épaulés, circuit trois tours : 10 box jumps, 8 front squats légers, 30 secondes de gainage ». Les détails comme l’ordre, les tours et la récupération méritent d’être explicités.
Il ne faut pas transformer automatiquement un complexe technique en For Time : le but d’un complexe peut être la qualité du geste, pas la vitesse.

Pourquoi ajouter le RPE au suivi des charges ?
La charge externe indique ce qu’il y avait sur la barre. Le RPE décrit la difficulté ressentie, lorsque le pratiquant le renseigne. Ces informations se complètent mais ne mesurent pas la même chose.
Par exemple, « 5 singles à 75 kg, RPE 7 » et « 5 singles à 75 kg, RPE 9 » ont la même charge et le même nombre de répétitions, mais pas la même difficulté perçue.
Le RPE n’est pas une mesure directe de la qualité technique, de la vitesse de barre ou du risque de blessure. La relation entre effort perçu, fatigue et performance varie selon le mouvement, la personne et le contexte.
Les travaux comparant mouvements olympiques et dérivés soulignent d’ailleurs que des protocoles de volume et d’intensité comparables peuvent produire des réponses de fatigue différentes 2.
- Notez le RPE si vous l’avez réellement estimé ; Grunty ne doit pas l’inventer.
- Précisez les séries ratées ou techniquement imparfaites dans vos notes plutôt que de les présenter comme des répétitions réussies.
- Pour comparer deux séances, gardez la même variante, le même standard technique et des conditions suffisamment proches.
En complément, vous pouvez retrouver notre article dédié aux différences entre RIR et RPE 3.


Trois façons de saisir son entraînement dans Grunty
1. À la voix, au fil de la séance
« J’ai fait cinq complexes à 60 kilos : un épaulé, deux front squats et un jeté, RPE 8. Puis quatre séries de cinq box jumps. »
2. En texte naturel
Vous pouvez écrire la même séance, ou ajouter plus tard les détails de charge, de séries et d’effort que vous avez notés sur place.
3. Depuis la photo d’un programme ou d’une feuille
Avec Grunty Premium, l’import d’une photo ou d’une capture d’écran peut transformer un plan écrit en données structurées. La lisibilité de l’image influe sur l’extraction : relisez et corrigez les valeurs reconnues.

Quoi comparer dans son historique pour progresser ?
Dans le temps, recherchez des comparaisons à exercice et conditions similaires : charge sur des singles propres, nombre de séries techniques réalisées, charge d’un complexe identique, RPE déclaré et volume de pratique.
Ne confondez pas une charge plus lourde sur un power snatch avec un record d’arraché complet. Et n’interprétez pas automatiquement une baisse ponctuelle comme une régression.
Le suivi est utile parce qu’il permet de retrouver la séance, pas parce qu’un algorithme devinerait à lui seul la qualité d’un mouvement. Pour la progression des charges, consultez notre guide 4.

Questions fréquentes
Peut-on enregistrer un clean seul sans qu’il devienne un clean & jerk ?
Oui, les règles de traitement de Grunty distinguent explicitement l’épaulé seul de l’épaulé-jeté lorsque le mouvement est clairement indiqué. Relisez toujours le résultat de l’extraction.
Peut-on créer un complexe de plusieurs mouvements ?
Oui. Décrivez le nombre de passages, l’ordre des mouvements, les répétitions et la charge. Exemple : « 5 fois : 1 clean, 2 front squats, 1 jerk à 60 kg ».
Le RPE est-il calculé automatiquement ?
Non : présentez-le comme une donnée d’effort que vous indiquez, pas comme une mesure biomécanique calculée par l’application.
Faut-il enregistrer toutes les séries d’échauffement ?
Cela dépend de votre objectif de suivi. Les noter peut aider à reconstituer la séance, à condition de les différencier des séries de travail.
Ce qu’il faut retenir
Un carnet d’haltérophilie utile distingue l’arraché de ses variantes, l’épaulé de l’épaulé-jeté, les séries indépendantes des complexes, et les charges des sensations d’effort.
Le bon suivi ne raconte pas seulement combien vous avez soulevé, mais ce que vous avez réellement effectué avec la barre.
L’enregistrement à la voix, au texte ou par photo avec l’offre Premium permet de conserver cette structure, à condition de vérifier les données avant sauvegarde.
À lire aussi
- Enregistrer un WOD CrossFit : photo, AMRAP, EMOM et benchmarks
- Quand augmenter ses charges en musculation ?
- RIR et RPE : comprendre l’effort
Sources et références
- 1. International Weightlifting Federation — The Two Lifts (définitions officielles de l’arraché et de l’épaulé-jeté) ↗
- 2. Comparison between Olympic Weightlifting Lifts and Derivatives for External Load and Fatigue Monitoring (2022), PMID 36554023 ↗
- 3. Blog Grunty — RIR et RPE en musculation ↗
- 4. Blog Grunty — Quand augmenter ses charges en musculation ? ↗
Cet article présente des exemples de saisie et les fonctions vérifiées dans le code Grunty. Il ne remplace pas un encadrement technique en haltérophilie. Les règles de reconnaissance peuvent nécessiter des corrections manuelles, particulièrement pour les variantes complexes.
